Revue Conséquence n°5
Tschann Libraire et les éditions Fragmes vous invitent à une soirée exceptionnelle, à l’occasion de la parution du cinquième volume de la revue Conséquence, qui met à l’honneur les poètes Rodrigue […]
Tschann Libraire et les éditions Fragmes vous invitent à une soirée exceptionnelle, à l’occasion de la parution du cinquième volume de la revue Conséquence, qui met à l’honneur les poètes Rodrigue […]
Chères amies et amis, lectrices et lecteurs, La programmation de Textes & Voix se déploie surtout dans le champ littéraire, mais il arrive à la poésie d’y faire incursion, pour […]
Informations pratiques
Paris à vélos 22, rue Alphonse Baudin – 75011 Paris, 01 48 87 60 01
info@parisavelo.fr
Centre Culturel Irlandais, 5 rue des Irlandais, 75005 Paris, 01 58 52 10 30/ www.centreculturelirlandais.com
Librairie Compagnie, 58 Rue des Écoles, 75005 Paris, 01 43 26 45 36
Café les écrivains, 15 rue des Favorites, 75015 Paris, 01 48 42 57 46 cafelesécrivains15@gmail.com
Librairie Tschann, 125 Bd du Montparnasse, 75006 Paris, 01 43 35 42 05
Dans la musique, un orchestre réunit des musiciens, avant-même qu’ils ne jouent. Le fait de jouer ensemble dans une performance constituera leur « être-nous » instrumentalement. D’une certaine manière, ce sont les instruments qui les font jouer ensemble. En même temps, « nous » ne représente pas les « instruments », mais le medium d’une participation collective. Mais qu’est-ce qu’« être-nous » ?
Non seulement « dire nous » n’est pas « être nous », mais il convient de s’interroger sur la légitimité de la question « qui est nous ? ». « Nous » est un pronom, et non le nom propre d’entités personnelles. Entre « chaque son dit nous » (Adorno) et « tout un monde se trouve dans une petite phrase » (Wittgenstein), il peut y avoir place pour nombre d’interprétations différentes.
Une proposition se dessine malgré ces multiplicités d’approches : celle que l’oeuvre détermine, par l’objectivité de ses formes, l’opération de « faire nous » dans la musique, lui donnant une consistance qui évite les pièges dans lesquels fait tomber l’opposition toute théorique entre sujet et objet. Il s’agit alors de cerner les conditions sous lesquelles un « faire nôtre » est pragmatiquement possible, d’où peut résulter un langage, un collectif, une institution… On dit « faire nôtres » les gestes de l’oeuvre (jouée, fabriquée, entendue) comme « faire nôtres » des significations dont on use et que l’on partage mais aussi auxquelles on contribue pour en créer de nouvelles.
À quoi reconnaître alors le « nous » comme « contributeur » ? Si l’on admet que la réponse tient davantage dans le résultat que dans d’hypothétiques conditions de possibilité a priori, force est d’examiner le processus par lequel opère cette incorporation ou assimilation, et comment il accompagne le partage de nouvelles formes et possibilités de sens, en particulier dans l’art.
Chroniques lituaniennes Kovno 1930-1939
On dirait une vieille photo aux contours floutés, comme l’instantané très passé d’un univers disparu, ce que Stefan Zweig appelait Le Monde d’hier. Douze récits, traduits du yiddish par Batia Baum, la vie quotidienne en Lituanie dans les années 30. Dovid Umru, de son vrai nom Dovid Liatskovich, est un écrivain juif né en 1910 à Alytus, en Lituanie. Troisième enfant d’une famille traditionnelle, il se révèle très tôt artiste accompli, peintre, musicien, romancier, comme un résumé de l’efflorescence culturelle de la Mitteleuropa à la veille de la Shoah.
Ces histoires, écrites dans la langue invisible, entre comique et tragique, tendresse et bouffonnerie se déroulent presque toutes à Kovno, capitale littéraire des années 30.
Dovid Umru, dont les écrits ont été exhumés par sa nièce, Odile Suganas, fait partie des premiers juifs assassinés par les nazis en juin 1941, lors de l’opération Barbarossa. En janvier 1942, à la conférence de Wannsee, où est décidée la solution finale, la Lituanie est citée en exemple de territoire Judenfrei, libéré des Juifs.
Une anthologie inédite, la gloire oubliée d’un romancier perdu. Encouragée de son vivant par Simone Weil, cette édition du meilleur d’Umru est la réparation d’une injustice littéraire, l’invention d’un véritable trésor, entre Zweig et Schnitzler.
Guggenheim Museum et MoMA à New York, Musée national d’Art moderne de Paris, Fondation Miró de Barcelone, Museo Reina Sofia de Madrid… Spécialisée dans l’art du XXe siècle, Margit Rowell est passée par ces établissements pour des périodes variables, à titre de conservatrice ou de commissaire d’exposition. Entre 1970 et 2005, elle a organisé une quarantaine de manifestations, soit monographiques (Miró, Dubuffet, Mondrian, Brancusi, Kupka…), soit thématiques (« The Planar Dimension », « L’art de l’avant-garde russe », « Qu’est-ce que la sculpture moderne ? »…), qui ont marqué leur temps. Mais en quoi au juste consiste le savoir-faire du conservateur ? Qu’est-ce qui caractérise cette profession charnière entre artistes, collectionneurs, galeries et public ?
À ces questions, l’autrice répond par l’exemple, dans un texte qui tient le milieu entre mémoires et collection d’études de cas. Museum Life est le récit vivant, à la fois subjectif et pondéré, d’un parcours qui ne prétend pas à l’exemplarité mais peut être considéré comme paradigmatique. Car l’expérience du conservateur d’art, nous dit Margit Rowell, est précisément au croisement de l’institutionnel et de l’informel : la connaissance systématique de l’œuvre sert de point de départ à une intuition nouvelle, l’approche muséale débouche sur des rencontres humaines, et un même espace, le musée, doit être réinventé à chaque exposition.
Naissance d’un projet d’exposition ; immersion systématique dans l’œuvre et dans les sources ; déplacements incessants pour se confronter aux œuvres, rencontrer les collectionneurs, les galeristes, les artistes et leurs proches ; émergence et affinement d’une nouvelle compréhension du sujet ; constitution du corpus, demandes et négociations de prêts, politiques d’achat ; accrochage et conception du catalogue ; ouverture au public ; réception de l’exposition, suites personnelles et professionnelles : en relatant sa carrière, l’autrice nous fait vivre chacun de ces moments stratégiques, toujours semblables et toujours différents dans la mesure où ils la placent face à des expériences artistiques singulières et à une multiplicité d’individus. Ce qui frappe dans ce livre, dont nombre de chapitres tournent pourtant autour d’un objectif unique (l’organisation d’une exposition), c’est la variété des épisodes rapportés, leur caractère haut en couleur. À mille lieues d’une existence confinée au white cube, le métier de conservateur nous apparaît non seulement comme une réinvention perpétuelle du regard, mais bien aussi comme un travail de terrain.
– Tout est perdu d’avance. Mais certains ne le savent pas. Ce sont ceux qui n’ont rien à perdre. On les appelle hinin. Les non-humains…
Belfort, 1857, Jules est un paria. Condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis, il n’a qu’une seule issue : devenir soldat. Mais la guerre va l’emmener sur des chemins inattendus… jusqu’au Japon et dans les bras d’une femme qui va changer sa vie.
Une BD d’Antoine Cossé et Martin Quenehen
Un dossier consacré aux nouveaux maux existentiels en lien avec les crises contemporaines. Les contributeurs abordent notamment les risques existentiels et les soulèvements contemporains, la psychanalyse en temps de guerre et l’autodestruction dans les familles.
Quelles sont les multiples formes de régression qui guettent aujourd’hui les sociétés démocratiques ?
Violation des règles du droit international, menaces sur l’indépendance des médias, contestation des décisions de justice, réhabilitation de la peine de mort et de la torture, restriction des libertés académiques, durcissement des lois sur l’immigration, attaques des conquêtes du droit des femmes…
Les forces du jour, généralement conservatrices, peinent à prendre la mesure du danger, les forces de la critique en appellent à la vigilance et à la lutte contre ce qui menace la démocratie, quand les forces de la nuit, elles, ne cessent, avec une agressivité et des moyens accrus, de promouvoir et mettre en œuvre ces régressions.